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Minéraux

Les minéraux sont des éléments inorganiques que l’organisme ne sait pas fabriquer et doit donc trouver dans l’alimentation. On les distingue selon les quantités nécessaires : les macroéléments se comptent en centaines de milligrammes par jour, les oligo-éléments en milligrammes ou en microgrammes. Cette différence d’échelle est ce qui rend la plupart des arguments commerciaux vérifiables.

L’essentiel

  • Sept macroéléments et une quinzaine d’oligo-éléments sont considérés comme essentiels.
  • Les besoins s’échelonnent du gramme au microgramme selon l’élément.
  • Une alimentation variée couvre les besoins de la plupart des adultes en bonne santé.
  • Une carence se documente par un bilan, pas par un ressenti.
  • Une allégation de santé exige 15 % de la valeur de référence par portion.

Macroéléments et oligo-éléments

Élément Catégorie VNR Seuil d’allégation
Potassium Macroélément 2 000 mg 300 mg
Chlorure Macroélément 800 mg 120 mg
Calcium Macroélément 800 mg 120 mg
Phosphore Macroélément 700 mg 105 mg
Magnésium Macroélément 375 mg 56 mg
Fer Oligo-élément 14 mg 2,1 mg
Zinc Oligo-élément 10 mg 1,5 mg
Manganèse Oligo-élément 2 mg 0,3 mg
Cuivre Oligo-élément 1 mg 0,15 mg
Iode Oligo-élément 150 µg 22,5 µg
Sélénium Oligo-élément 55 µg 8,25 µg

Valeurs nutritionnelles de référence européennes. Le seuil d’allégation correspond à 15 % de la VNR par portion. Le sodium fait l’objet d’un plafond, non d’une VNR.

Ce tableau est l’outil de vérification le plus utile qui soit sur ce sujet. Il permet de contrôler en une multiplication si un produit apporte réellement une quantité significative d’un minéral donné.

À quoi ils servent

Structure

Calcium et phosphore constituent l’essentiel de la matière minérale de l’os et des dents.

Équilibres

Sodium, potassium et chlorure régulent la répartition de l’eau et les potentiels de membrane.

Enzymes

Magnésium, zinc, cuivre, manganèse et sélénium sont cofacteurs de nombreuses réactions.

Transport et hormones

Le fer transporte l’oxygène, l’iode entre dans la composition des hormones thyroïdiennes.

Les pages de cette section

Faut-il se supplémenter ?

La question mérite d’être posée dans le bon ordre, ce qui est rarement le cas.

Une alimentation variée couvre les besoins de la plupart des adultes en bonne santé. Les enquêtes alimentaires françaises montrent des apports globalement satisfaisants pour la majorité des minéraux, avec des exceptions notables.

Certaines situations exposent réellement à un déficit : régimes très restrictifs, malabsorption digestive, pertes chroniques, certains traitements au long cours, grossesse, croissance.

Un déficit se documente. Le fer, l’iode et la vitamine D disposent de marqueurs biologiques fiables. Pour d’autres éléments comme le magnésium, le dosage sanguin reflète mal le statut corporel — ce qui rend l’auto-évaluation particulièrement peu fiable.

Se supplémenter n’est pas anodin

Des apports excessifs en certains minéraux peuvent poser problème : le fer et le sélénium ont une marge relativement étroite entre besoin et excès, et le zinc à forte dose interfère avec l’absorption du cuivre.

En cas d’insuffisance rénale, l’élimination de plusieurs minéraux est altérée : un avis médical est indispensable avant toute supplémentation.

Le piège du nombre d’éléments

Un argument revient sur de nombreux produits : le nombre d’éléments apportés, présenté comme une garantie de complétude.

Il faut le lire pour ce qu’il est. Compter des éléments sans indiquer les quantités ne renseigne sur rien, puisque les concentrations peuvent s’échelonner sur plusieurs ordres de grandeur. Un produit peut contenir vingt minéraux et n’apporter une quantité significative d’aucun.

Le tableau des seuils d’allégation ci-dessus permet de trancher : si la quantité apportée n’atteint pas 15 % de la valeur de référence, l’élément est présent sans être utile.

Le cas de l’eau de mer buvable, chiffres à l’appui

15 %
de la VNR, le seuil

Une question de quantités, pas de nombre

Les minéraux sont indispensables et leur rôle est bien documenté. Mais tout se joue sur les quantités : entre le potassium, dont il faut deux grammes par jour, et le sélénium, dont cinquante-cinq microgrammes suffisent, l’écart est d’un facteur trente-six mille. Un produit ne devient utile pour un minéral donné qu’à partir de 15 % de sa valeur de référence — et ce calcul se fait en une multiplication.

Questions fréquentes

Quels sont les minéraux essentiels ?
Sept macroéléments — calcium, phosphore, magnésium, sodium, potassium, chlorure, soufre — et une quinzaine d’oligo-éléments, dont le fer, le zinc, le cuivre, l’iode et le sélénium.
Faut-il prendre un complément de minéraux ?
Pas systématiquement. Une alimentation variée couvre les besoins de la plupart des adultes en bonne santé. Un déficit se documente par un bilan médical, pas par un ressenti.
Que signifie « 78 oligo-éléments » sur un produit ?
Que ces éléments sont détectables, pas qu’ils sont apportés en quantités utiles. Un élément n’est nutritionnellement significatif qu’à partir de 15 % de sa valeur de référence par portion.
Peut-on manquer de minéraux sans le savoir ?
C’est possible pour certains, comme le fer ou l’iode, qui disposent de marqueurs biologiques fiables. Pour d’autres, comme le magnésium, le dosage sanguin reflète mal le statut corporel.
Peut-on en prendre trop ?
Oui. Le fer et le sélénium ont une marge étroite entre besoin et excès, et le zinc à forte dose interfère avec l’absorption du cuivre. Une supplémentation prolongée mérite un avis médical.

Sources

[À compléter : règlement (UE) n° 1169/2011 pour les valeurs nutritionnelles de référence, apports nutritionnels conseillés de l’ANSES, données de l’étude INCA sur les apports alimentaires, registre EFSA des allégations relatives aux minéraux.]